
L’ère 8 et 16 bits aura été pour Disney, en terme d’adaptations de ses licences en jeux vidéo, un âge d’or qui n’aura pas eu d’équivalent rétrospectivement. Quelle que soit la machine, ses spécificités ou la politique de la maison qui les éditaient alors, chaque titre faisait l’objet d’un soin extrême, et chaque commercialisation était la promesse de substantielles dividendes pour les concepteurs de l’époque, couplés à un plaisir pour le joueur sans limite.

« World of Illusion starring : Mickey Mouse & Donald Duck ( Titre japonais : I love Mickey & Donald : Fushigina Magic Box ) est un soft qui ne déroge pas à cette règle là. Edité en 1992 sur Megadrive par SEGA itself, vous incarnerez dans ce dernier, et comme son nom l’indiquera sans équivoque, Mickey, Donald, ou bien les deux en même temps si vous décidez d’entamer cette aventure avec un partenaire. Intéressons nous dès maintenant au synopsis du jeu, pour le moins intriguant.
Plus forts que Kamel le magicien de Canal +

Mickey se prend pour David Copperfield et va faire apparaitre sous vos yeux médusés un tapis volant ! Allah - Kazam !
Mickey et Donald, fatigués de ne subsister qu’avec l’aide du RSA, décident un beau jour de se reconvertir en magiciens, pour le plus grand plaisir des habitants du patelin dans lequel ils exercent « leurs talents ».
Représentation après représentation, nos deux compères se forgent une solide réputation d’artistes, dont les tours sont exécutés avec maestria ( on se remémorera sans peine la prestation de Mickey attaché la tête en bas devant s’extirper des chaines en titane en moins de 35 secondes, le tout en étant immolé par un jeu infernal, sous peine de tomber sur des pics en fer rouillé déjà souillés par le sang. )
Mais un jour, alors que Donald était en train de se préparer en répétant comme à son habitude l’un de ses nombreux tours de passe-passe en vue d’arnaquer quelques badauds, il fit la découverte d’un étrange coffre. La curiosité est un vilain défaut, et notre ami l’apprit à ses dépends : il fut aspiré par la boite en question alors qu’il l’inspecta en la caressant de manière libidineuse. Mickey, ayant tout juste le temps de comprendre ce qui était en train d’arriver à son frère de sang tenta de le sauver in-extremis, mais fut lui aussi happé par le mystérieux réceptacle. Tous deux furent alors plongés dans « un monde d’illusions » ( vous la sentez ma grosse magie, là ?) …

L'entraide est le fondement du gameplay lors d'une partie à deux joueurs. Ici, Mickey aide Donald à grimper grâce à la ficelle de son string.
C’est donc sur ce postulat incroyablement élaboré que débute la quête merveilleuse de nos amis durant les 5 niveaux qui composent le jeu … Ce qui nous interpelle d’emblée sur ce qui constitue éventuellement le talon d’Achille du titre : sa durée de vie.
Restreinte malgré quelques variations bienvenues que nous détaillerons par la suite, le joueur aguerri pourra « plier » l’aventure en une petite demi-heure montre en main, et sans trop se fatiguer. Volonté à été manifestement faite de privilégier le joueur « néophyte », car du début jusqu’à sa conclusion, World of Illusion n’offre à aucun moment un challenge susceptible de donner quelque sueur froide à l’habitué des jeux de plateformes.
Une expérience courte, mais variée.
Néanmoins, tout ceci est à nuancer légèrement, puisque l’aventure évolue sensiblement selon le personnage utilisé. Les niveaux resteront globalement, dans leur architecture comme dans leur difficulté générale du même acabit, mais seront tout de même distincts, en particulier au niveau des décors. Nos deux amis disposant de la même palette de mouvements ( saut, course, ramper et le « ptit coup de cape magique qui va bien ), le gameplay ne variera pas nécessairement durant votre aventure solitaire. Pour découvrir ce qui constitue la seule véritable originalité du titre, il faudra lorgner du coté du mode 2 joueurs, où la coopération est essentielle pour le bonne progression d’un niveau donné.
Les deux joueurs s’exercent alors en même temps dans le jeu, et selon le contexte et « l’énigme » à résoudre ( si on peut vraiment parler d’énigme… ) , votre petit personnage pourra faire la courte-échelle à l’autre, pourra lui tendre une corde pour lui permettre d’accéder à une plate-forme trop haut placée, ou pourra encore le propulser sur une plate-forme lointaine grâce à un système de catapultes astucieux. L’entraide est donc absolument primordiale.
Enfin, concernant les différents items à ramasser sur votre chemin, ils seront assez peu nombreux mais tous plus ou moins utiles : La carte à jouer, le bonbon redonnant un point de vie, la part de gâteau redonnant une bonne partie de sa jauge ou encore le feu d’artifice, qui pourra vous sortir d’épineuses situations ( si seulement il pouvait y en avoir dans ce jeu… ) en détruisant tous vos vils assaillants présents à l’écran.
Les créations s’inspirant des productions Disney évoquent toujours une certaine part de « magie » au joueur, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet opus des aventures de Mickey n’en manque pas. Bénéficiant d’une réalisation plus que soignée, le soft offre au joueur un univers graphique aux teintes acidulées, aux environnements variés et très réussis dans l’ensemble. Chaque niveau propose une incursion dans la mythologie de Disney ( la plus réussie demeurant, à mon goût, celle qui a été faite « d’Alice aux pays des merveilles ». ), et il est bien difficile de s’ennuyer durant l’expérience que propose World of Illusion.

On voit dans le regard de Mickey qu'il a la certitude du "juste", et qu'il sait exactement où le vent le portera...
Par ailleurs, certaines des thèmes accompagnant le titre sont assez mémorables et collent vraiment aux différents mondes : tantôt discrets et mélodieux, tantôt grandiloquent lors de la dernière bataille contre le boss final, ils ont tous en commun d’être tous de très grande qualité.
La bande sonore, assez loufoque, dispense quelques digits vocales du plus belle effet, en particulier lorsque l’un de nos amis doit faire appel à la « magie noir », que certains attribuent à un emprunt effectué directement auprès du diable. S’en suit alors un limpide « Allah-Kazam » prononcé avec Brio par Mickey, et d’un « Abuabuauuaubua » de la part de Donald, rappelant le bruit d’un chien abandonné sur la bas coté de la route, et qu’on se plairait à écraser « pour le fun »…
Bonus SPOIL DÉBUT! Arthung ! Tous faces au mur !
Le dernier boss en question n’est autre que l’ennemi historique de Mickey : Pat Hibulaire. Il s’avérera durant le jeu que celui-ci à signé un pacte avec Satan, l’ange déchu des enfers, en échange de pouvoirs electro-magnétiques, d’un pouvoir d’attraction renforcé avec les femmes, et d’une capacité à faire des tours de passe-passe avec des pièces de monnaie. Pour l’abattre comme le chien qu’il est et l’expédier ainsi rejoindre l’au-delà, Mickey et Donald devront lui assener 2/3 coups de cape dans la tête, histoire de dire. INCREDIBLE !
Quand on vous disait que le jeu se pliait en moins d’une demi-heure, ce n’était pas une image…
Allah-Kazam, that’s the magic word !
C’est donc un quasi sans faute pour World of Illusion, digne représentant des productions s’inspirant des licences Disney durant cette époque. Sega aura eu à cœur de respecter les doléances des créateurs de la souris la plus célèbre de l’histoire en créant un jeu fun à la réalisation exaltée exempte de tout reproche. Si parcourir les 5 « courts » niveaux du titre n’est pas un véritable challenge en soit, il faudra se rappeler que celui-ci est adressé à un jeune public désireux de poursuivre l’expérience des films Disney pad en mains.
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Très bon test. J’ai beaucoup + joué à Land of Illusion. Et World of Illusion semble pour moi, + fade… Je pense que c’est la nostalgie qui me fait dire ça.