
Rétrospectivement, c’est vrai que quand on y songe à présent, le scénario donnant naissance aux tortues ninjas est étrange. Des batraciens se vautrant dans des substances radioactives faisant de ces derniers de sympathiques ninjas… Je ne sais pas, il y a comme quelque chose d’incohérent, un manque certain de réalisme peut-être. Est-ce parce que leur maitre nommé Splinter était une sorte de rat géant expert en Arts martiaux ? On peut imaginer que cela contribue à accentuer ce sentiment.
Le tout premier épisode mettant en scène nos tortues amatrices de pizza (on est plus à une bizarrerie prêt ) sur NES, développé par Konami en 1989 s’engouffrait avec brio dans cet univers là. April O’Neil, l’amie journaliste de nos compères s’est faite enlever par le vil Shredder, l’ennemi éternel de service, pour d’obscures raisons. Qu’à cela ne tienne, il n’en faut pas davantage pour échauffer nos amis et les faire organiser une expédition punitive contre le clan Foot, le gang dirigé par le dit Shredder himself.
Salade, tomates, oignons sauce mutagène !
Atypique, ce jeu l’est indéniablement. D’abord parce qu’il est assez difficile à catégoriser. Il n y a pas de « niveaux » à proprement parler, nous dirons donc qu’il s’agit tout simplement d’un jeu d’action/aventure Vous dirigiez donc l’une des 4 tortues disponibles à tout moment durant le jeu. Chacune d’entre elle dispose de son armement meurtrier et des spécificités qui lui sont lié. Les voici en détails :
– Raphaël, la petite frappe du groupe. Avec ses 2 sai, son allonge est la plus courte et la puissance de ses coups est faible. Jouer avec lui tient de la gageure.
- Michelangelo, le « relou » de la bande. Il fracasse ses ennemis à grands coups de Nunchaku. Il est rapide, son allonge est plus importante que celle de Raphaël.
- Léonardo, aussi nommé le « coupeur de tête ». Il dispose de 2 katanas tranchants comme des lames de rasoir pour dépecer ses adversaires. Il dispose d’une bonne allonge et d’une bonne puissance dans l’exécution de ses coups.
-Enfin, Donatello, aussi dit « l’assommeur ». utilisant un « bô », sorte de grand bâton, c’est certes la tortue dont les coups sont les plus lents à exécuter, mais c’est également celle qui dispose de la plus grande allonge et de la plus grande force.
Vous devrez donc gérer vos tortues selon le besoin et utiliser leur capacités avec stratégie. Par exemple, préférez prendre ce gros faible de Raphaël dans les passages simples du jeu, et une fois que les choses se compliquent, confiez le gros de la mission à l’intransigeant Donatello, qui se fera un plaisir de bifler la racaille ambiante.
Le jeu se distingue, en gros, en 2 phases. Vue de haut, vous parcourez une map librement, à la manière d’un RPG on ne peut plus traditionnel, en vous concentrant sur la recherche de votre prochain massacre de vilains.
N’allez pas croire pour autant que ces phases sont complètement tranquille, vous croiserez des ennemis, et vous serez parfois contraints de faire fonctionner votre matière grise afin d’avancer. Cela reste plutôt tout de même des phases transitoires.
Parce que le gros de l’action se déroulera en vue de profil, à la manière d’un jeu de plateforme/action classique. Et là, vous allez vous en mordre les doigts, parce que les concepteurs du jeu ont réalisé un vrai challenge de Gamers. Vos tortues sont lentes, vos assaillants sont rapides, vicieux et ils leur arrivent même d’utiliser des projectiles contre votre frêle carcasse. Quand vous croyez vous en être sorti, la musique change et devient anxiogène : il s’agit d’un boss de mi-parcours ! Le masque de collision de votre personnage étant assez conséquent, il faut la jouer serré en permanence, sous peine d’aller rejoindre l’enfer des tortues irradiées.
Ceux qui auront joué un peu au soft sur sa longueur auront également pu éprouver le passage sous-marin, où une série de bombes est à désamorcer en un temps particulièrement restreint et dans des conditions de maniabilité altérées. Sans compter la multitude de boss auxquels vous ne manquerez pas de vous frotter : entre les hommes de main de Shredder, un robot géant, un androïd, le technodrome et évidemment Shredder lui-même, il vous faudra beaucoup de patience et de pratique avant d’arriver à bout de ce jeu. Oh oui, beaucoup.
C’est difficile, une vie de tortue…
Pour un jeu datant de 1989, TMNT est un titre dont la réalisation est somme toute honnête, sans exceller pour autant. C’est assez jolie, l’action y est lisible, c’est propre, mais rapport à d’autres productions de la même époque, il n’y a rien de transcendant pour autant.
Concernant l’animation générale à proprement parler, il y a de vrais soucis concernant les ralentissements autres clignotement de sprites, dès qu’ils sont plus de 3 à l’écran. Cela complique vite la situation quand les projectiles expédiés par les ennemis sont victimes de ces errements techniques, et que la jauge du joueur diminue comme peau de chagrin sans qu’on comprenne pourquoi …
TMNT sur NES n’en demeure pas moins un jeu de grande qualité, même en gardant certaines réserves quant à ses lacunes techniques et à une difficulté d’ensemble particulièrement couillue. De plus, avec le recul que nous a imposé plus de 20 ans d’adaptations de la franchise des tortues ninjas sur consoles, on peut dire que cet opus sur la 8 bits de Nintendo s’avère être l’une des meilleurs, à mettre indéniablement dans le haut du panier. Joueur d’antan, retentez votre chance sur ce titre, vous seriez certainement surpris d’avoir des difficultés à progresser…
Commentaires
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C’est vrai que ce fut un vrai challenge de finir ce jeu sans casser la manette.
J’ai bien aimé ce jeu mais je dois avouer qu’à cette époque, on avait droit à des jeux comme contra sorti en 1987 avec son mode 2 joueurs.
Si tu apprécie les contra, je pense que tu risque d’apprécier l’un des prochains dossiers à venir écrit à 4 mains par Karimitchi et moi-même… Cela va envoyer du lourd !
Je ne suis jamais allé bien loin dans ce jeu. La difficulté est le désamorçage de bombes
Merci pour ce test complet !
Géo.
Je vous invite à voir l’excellent test du joueur du grenier sur ce jeu. Bien poilant comme il faut, et terriblement vrai