Amateur de challenge épicé, voici un titre qui, outre son classicisme, fit les beaux jours de la Megadrive. Replonger dans le monde de Kid Chameleon n’est pas sans risque, car il se fait le chantre d’une époque où il était commun, et même conseillé, de proposer au joueur une expérience difficile et pleine de frustration. D’un soin évident, il s’en aura fallu de peu pour que ce titre devienne le must have dans toute bonne ludothèque de la machine de Sega.

Hélas, quelques petits défauts rédhibitoires empêchent au soft de rejoindre le panthéon du jeu vidéo. Mais ne gâchons par la fête, et intéressons nous au scénario incroyablement élaboré du titre, digne des plus grands drames tragédiens du siècle dernier.
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La petite ville de Sodome, située entre Springfeld et Salt Lake City, propose à ses habitants une existence simple basant sa politique locale sur trois axes déjà fortement éprouvés par le passe : Travail, famille et patrie. La jeunesse de ce patelin n’a alors qu’un seul véritable hobby :
Aller se traîner dans les salles d’arcade. Et justement, il y a une borne qui vient de débarquer en ville et qui fait déjà couler beaucoup d’encre : Wild Side. Révolutionnaire, et plus encore pour des bouseux comme ceux évoluant dans la modeste bourgade, le jeu proposait d’intégrer un monde virtuel fait de projections holographiques, promesse d’un degré de réalisme jamais atteint auparavant…
Malheureusement, Wild Side s’avère être un divertissement bien trop difficile, ne trouvant aucun challenger sérieux sur sa route. Pire encore : La gazette du petit Sodomite illustré (journal local de la cité) fait état d’une mystérieuse rumeur selon laquelle le boss du jeu poursuivrait les malheureux challengers dans la vie réelle pour les abattre comme des chiens !

Prit d'une frénésie meurtrière, Kid revêt les vêtements sacrés sacrés d'un samouraï pour trancher du bide.
Si l’article en question semble indéniablement issu d’un esprit dramatiquement alcoolisé, il est néanmoins pris très au sérieux par celui qui se fait appeler » Kid Chameleon »…
Cool parmi les cools, AUCUN titre ne résiste à ce joueur invétéré. De son vrai nom Joseph Cohen-Goldstein, dernier enfant d’une lignée de riches rentiers, le jeune homme mène une existence oisive faite de jeux vidéos, ce qui aura achever de lui bâtir une solide réputation auprès de la jeunesse désœuvrée de « tueur de boss ».
Et dans ce cadre, Wild Side et toutes les rumeurs de bistrot qui y sont liées sont parfaites pour consolider l’aura du petit Joseph, comptant bien devenir le nouveau prophète de l’ère moderne. Direction : la borne d’arcade de Wild Side !
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Volonté aura été faite de Sega of America de s’éloigner le plus possible, tout au moins du point de vue de l’esthétique du personnage, des Mario et autres consorts pour construire le personnage de Kid Chameleon. Lunettes noires, T shirt, blouson en cuir, basket au pied et brushing impeccable, on est très loin du personnage bedonnant, à l’allure incertaine oscillant entre le plombier et le clodo de Nintendo. Cela dit, la mise à distance entre ses 2 héros s’arrête là, et ne concerne que les considérations visuels.

Notre ami n'a visiblement plus aucune notion du concept de dignité, et affiche sa passion pour le Heavy Metal sans complexe...
Les mécaniques du jeu sont finalement assez similaires avec ce qui se faisait communément à l’époque. Notre ami doit, sous sa forme classique, sauter sur ses adversaires pour en venir à bout. il collecte non pas des pièces ou des anneaux mais des gems, de petits joyaux colorés dont il se servira par ailleurs.
La principale distinction par rapport à un Mario ou un Sonic viendra du fait que Kid Chameleon peut se transformer en une multitude de personnages.
Ainsi, en trouvant les différents items de masques, les capacités, la maniabilité et l’aspect visuel de notre ami évolueront du tout au tout. Attardons nous une petite minute sur le détails de ces-dites métamorphoses.
Iron Knight : Kid évolue en fier chevalier des temps anciens, arborant une armure massive qui pourra lui permettre de grimper sur certaines parois, mais également de détruire des blocs avec ses pieds, simplement en sautant/atterrissant dessus.
Red Stealth : Notre ami de transforme alors en samouraï meurtrier, dont l’épée tranche dans le vif sans distinction. Afin d’épancher sa soif de sang, Kid peut alors asséner de grands coups de sabres tout en gagnant en rapidité.
Berserker : Le personnage évolue en amateur éclairé de Death Metal, collants et tête de mort clouté, lui permettant de défoncer certains blocs en fonçant dessus tête baissée. Il peut également atomiser certains ennemis sur son passage.
Maniaxe : Kid se métamorphose en protagoniste directement inspiré des films d’horreur comme Vendredi 13. Il pourra lancer des haches assassines produisant de grandes effusions de sang sur ses adversaires. Plus gore que Mortal Kombat !
Juggernaut : On monte encore d’un cran dans la flippe avec ce personnage. Kid se transforme alors en squelette conduisant un tank (modèle similaire au char Panzer, et plus particulièrement le Panzerkampfwagen I utilisé pendant la seconde guerre mondiale par les soldats nazis). Celui-ci peut bien sûr sauter, mais également tirer des salves ne laissant dans leurs sillons qu’enfer et désolation.
Micromax : Kid Chameleon prend les traits d’une honorable mouche, de la famille des Scathophaga furcata, aussi appelée familièrement »mouche à merde ». Cette transformation le fait rapetisser, lui permettant de passer à travers des passages étroits, mais également de grimper à toute sorte de murs.
Cyclone : Costume permettant à Kid de voler assez librement en faisant la toupie, sans restriction. Indéniablement l’une des formes de notre ami les plus assassines du titre. Par ailleurs, ce costume lui donne la grâce d’un poulet mort.
Eyeclops : Kid enfile les habits de lumière d’une sorte de chasseur de fantômes, sauf qu’ici, ce sont les blocs cachés que notre ami pourra débusquer grâce à son rayon transfigurateur à subduction atomique.
Skycutter : Kid se prend pour Marty McFly et traverse le niveau à toute vitesse grâce à un skateboard gravitationnel. Il pourra ainsi naviguer la tête à l’envers pour éviter de se mélanger à la crasse ambiante formée par les ennemis de notre ami. Il s’agit par ailleurs de l’évolution permettant d’obtenir la plus franche accélération.
Evidemment, hors de toutes ces transformations, il y a aussi Kid Chameleon sans aucune armure, s’exposant en T shirt et en Nike Air Max. Mais sans capacité et disposant d’une jauge d’énergie modérée (2 unités au lieu de 3 lorsqu’il est costumé), notre ami voit son espérance de vie se réduire comme peau de chagrin. Et le gamer averti saura que le challenge proposé par le soft est d’une envergure plus qu’honorable…
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En effet, la question de la difficulté vidéo-ludique prend tout son sens dans Kid Chameleon. Si les premiers niveaux sont d’une simplicité désarmante, le level design évolue gentiment pour devenir infernal passée la phase d’apprentissage. Oui, comparer un Sonic avec ce titre est une pure hérésie, puisque le profil du joueur visé n’est manifestement pas le même. Il arrivera que certains passages du jeu soient tellement piégeur que vous perdrez l’intégralité de vos vies en moins de temps qu’il en faut pour le remarquer.
Par ailleurs, le retrogamer habitué à plier des jeux modernes en 30 minutes montre en main sera déboussolé. Au bout d’une dizaine de niveaux, et surpris par une progression plutôt aisée en dépits de ce qu’il se dit ici et là sur le titre, je me rend compte que je ne suis qu’au début du début du jeu. Kid Chameleon contiendrait environs 90 levels, dont certains sont de véritables morceaux de bravoure.
Attention, et c’est là toute la maestria d’un titre comme celui-ci, le jeu n’est pas insurmontable, mais son gameplay est si millimétré, ne permet aucune erreur d’appréciation. Il s’agit d’un plateformer qui saura mettre votre skill et votre patience à rude épreuve. Mais une fois encore, il s’agit bien d’une volonté manifeste des level designers et non d’un « défaut de fabrication » généralisé.
Heureusement pour le joueur, les costumes que pourra arborer Kid Chameleon ne sont pas que des modifications d’apparence, et outre les spécificités « classiques » de chaque transformation, notre ami pourra compter sur une « super capacité spéciale » en appuyant sur le bouton A et Start simultanément. Cette action n’est pas gratuite puisqu’elle puisera au fond de votre compteur à joyaux limité à 99, mais s’avérera tout de même bien sympathique pour s’extirper de situations difficiles.
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Là où le bât blesse, et à fortiori lorsqu’on y rejoue maintenant, c’est sur l’aspect typiquement technique du titre. Les graphismes ne sont pas vraiment beaux, mais pas vraiment laids non plus, les musiques ne sont pas horribles mais restent pour la plupart anecdotiques, l’animation est fluide mais plutôt mal décomposée…

Une pièce secrète regorgeant de joyaux ! Le jeune Joseph Cohen-Goldstein va pouvoir s'adonner à son passe-temps favori : La quête d'argent !
Bref, le titre manque cruellement d’une identité propre, qui aurait pu l’imposer comme un standard auprès des joueurs.
C’est d’autant plus dommage que l’on constate, au long du soft, tout le soin qui a pu lui être apporté. Mais ne rêvons pas et ne demandons pas l’impossible aux développeurs de Sega of America :
Lorsqu’on propose 90 levels dans un jeu, il est évident qu’on doit faire l’impasse sur certains pans de la réalisation, et Kid Chameleon manque très clairement de ce trait de génie, de cette originalité dont Sega s’est fait l’un des plus dignes représentants, de la Master System jusqu’à la Dreamcast. Mais clairement, pour une jeu datant de 1992, le joueur pouvait s’attendre à mieux à ce niveau-là…
2 Heures de gameplay de Kid Chameleon sur Sega Megadrive
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Si on convient qu’un Sonic the Hedgehog vieillit, tout comme le bon vin, de fort belle manière, il n’en va pas de même pour Kid Chameleon. Si il dispose de suffisamment de qualités pour proposer au retrogamer un challenge épicé, particulièrement bien dosé, couplé à une grande variété de situations, sa réalisation déjà datée pour l’époque et, lâchons le mot, sa grande austérité n’en font pas un jeu forcément très fun ou très jouissif.
Comme quoi, il ne suffit pas d’affubler un personnage de baskets et d’une paire de lunettes noires pour avoir un titre « cool ». Gardez cependant en tête que, si Kid Chameleon est loin d’attendre des modèles comme Mario, son bilan est globalement positif. Son incroyable durée de vie, la construction astucieuse de ses niveaux et la grande variété de situations font de ce soft un must have… Mais uniquement pour les amateurs de challenge. Les autres pourront passer leur chemin sans l’ombre d’un regret…
Commentaires
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kiero el juego
Si lo quieres, puedes descagar lo sobre planetemu :
http://planetemu.net/index.php?section=roms&dat=903
Ce jeu est une merveille , toujours facile d’avoir la critique facile 20 ans après
Replacé dans son contexte ce jeu était bien plus qu’un challenge , une réussite , tout simplement . J’ai rallumé ma megadrive et j’y rejoue , en toute objectivité il reste aussi bon à jouer… Allez les jeunes demandez une megadrive à noel