Flashback: entre cinéma SF et jeu vidéo…

Flashback: entre cinéma SF et jeu vidéo…

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Cocorico ! C’est à l’équipe française de Delphine Software que les joueurs doivent Flashback : the Quest for identity, l’un des plus grands ovnis du jeu vidéo durant les années 90. Véritable melting-pot ( réussi ) visionnaire entre inspirations cinématographiques SF et réalisation extrêmement novatrice pour l’époque, le jeu fut perçu comme une expérience intrigante, et connut un vrai succès partout dans le monde. Succès amplement mérité d’ailleurs.

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Vous voici donc dans la peau d’un certain Conrad, amnésique à priori, mais dont la première découverte, un « holocube« , mettra en lumière la base du synopsis sur lequel est articulé le titre. Vous découvrez donc que vous êtes un jeune scientifique qui a fait une découverte terrifiante : les extra-terrestres ont envahi le brave peuple de la Terre et se sont dissimulés parmi nous ! L’air taciturne de l’éboueur en bas de chez vous ? La gardienne sentant ce qui parait être de l’urine à plein nez, paraissant si suspecte ? Ce vieil homme à moitié nu à la démarche hésitante faisant la sortie des écoles primaires? Toutes vos suspicions trouvent maintenant une réponse : ce sont des ALIENS !


Looking for Conrad.


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Des interrupteurs, des bornes de sauvegardes et des pièges mortels. Bienvenue dans l'univers de Conrad !

Les premiers pas avec l’expérience Flashback sont mémorables. Les développeurs ont gratifié la Megadrive d’une introduction comme peu d’éditeurs de l’époque peuvent se targuer d’avoir fait.  Entièrement réalisée en 3D polygonale, fluide qui plus est, la séquence plonge le joueur dans une course-poursuite haletante dont le dénouement est le crash de l’appareil de notre scientifique dans une jungle hostile. Les choses sérieuses peuvent alors commencer.

Les amateurs de jeux d’aventure ayant un peu écumé la parfaite playlist du genre ne pourront pas s’empêcher de relever les ressemblances esthétiques avec Another World, autre chef d’œuvre édité une année auparavant sur PC et consoles 16 bits., réalisé entièrement par Éric Chahi, et qui inspira grandement Delphine Software par la suite. La pâte créatrice de l’éditeur, reconnaissable entre 1000, peut se définir par un certain nombre de critères.

D’abord, un soin extrême a été portée à l’animation du jeu. Personnages comme décors, l’intégralité du titre à fait l’objet d’un travail conséquent concernant les étapes d’animation, mouvements intermédiaires pour constituer l’ensemble d’un mouvement.

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Le 1er niveau sera l'occasion de se familiariser avec les commandes complexes de notre ami amnésique.

Ils sont ici reproduis le plus fidèlement possible à la « réalité ». Cela à pour conséquence de rendre crédibles les péripéties de Conrad, ce qui contribue à le rendre davantage « humain ». Ceci n’est pas un coup d’essai en terme de rotoscopie, car on avait déjà pu voir  des personnages se mouvoir de la sorte dans Prince of Persia ou Another World.

Par ailleurs, on pourra noter les nombreux emprunts au monde du cinéma de chaque titre du développeur, et Flashback ne déroge pas à la règle. On retrouvera des références à Running man de Paul Michael Glaser, où un ancien flic est contraint de participer à un jeu télévisé ultra-violent, bravant la mort et survivant à ses ennemis avec l’unique but de tenter d’en sortir plus ou moins indemne. Conrad devra lui aussi participer à un jeu similaire, mais cette fois-ci pour gagner un billet trans-spatial à destination de la Terre, qui sera évidement un vrai gros bordel comme se plaisent à le répéter l’ensemble des films/jeux vidéo prenant place dans un contexte futuriste.

Toujours dans le registre de la science fiction au cinéma, le titre pioche également des idées du côté de Blade Runner ou de Total Recall, pour en citer les références les plus « évidentes ». La toile de fond rappellera néanmoins certaines séries américaines fantastiques au charme à présent suranné comme « V » et les « envahisseurs« , où David Vincent avait compris que la société était envahie par des extra-terrestres. S’en suit alors un combat parfois bien solitaire pour débusquer les vils assaillants et mettre ainsi à jour l’odieux complot Alien.


« I’ll be BACK! »


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Même devant les objectifs des caméras, sachez garder votre sang froid. Vous pourrez en être largement récompensé...

Fort d’un background fourni, le titre propose donc une aventure au déroulement somme toute plutôt linéaire. La progression du joueur est conditionnée par des scripts à déclencher ou des objets à acquérir. Pas de place pour « l’exploration » dans un environnement ouvert donc.

Qu’à cela ne tienne, cela n’est manifestement pas l’optique principale des créateurs du jeu, qui se sont évertués à tout mettre en œuvre pour favoriser la narration, quitte à supprimer d’emblée la notion de « liberté » dans le jeu.

Mais il ne faut pas comprendre pour autant que le titre est limité dans l’absolu. car il se fait l’écho d’une recette parfaitement maitrisée mêlant plateforme, avec une gestion exigeante des sauts ( qui en agacera plus d’un…), d’action, avec des combats nécessitant rapidité, sang-froid ou esquive, et aventure. Chacun des niveaux, disposant d’une identité et d’ennemis tous différents, donnera du fil à retordre au joueur pourtant aguerri aux challenges de taille.

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Votre retour sur terre ne passe pas inapperçu, et les policiers "corrompus" du coin se font un plaisir de vous y réserver un chaleureux accueil !

Rétrospectivement, si on devait évoquer « les points qui fâchent », nous pourrions dire que les plus grandes qualités de Flashback sont également ses plus grands défauts. La linéarité des mondes fait qu’une fois terminé, le jeu dispose d’une rejouabilité proche du zéro absolu (si on excepte l’idée de refaire le soft pour ses qualités scénaristiques ).

La maniabilité du titre, exigeante, ne laisse aucune place à l’erreur. La gestion des sauts ressemble à s’y méprendre à celle d’un Prince of Persia, titre dans lequel aucune souplesse dans  le domaine n’est tolérée.

Tombez de trop haut et vous mourrez, tombez mal à vous raterez une plateforme salutaire… Plus le joueur avance, plus il doit être attentif à ces paramètres, sous peine d’être très frustré à la longue. (NDC : Le jeu verse souvent dans le « Die and Retry » bien oldschool).


« - Je reviendrai !
- Oui mais alors dans une rediffusion ! »


Il n’empêche que Flashback reste une initiative audacieuse qui, malgré un coté « expérimental » plutôt affirmé, aura connu autant un succès d’estime qu’un succès commercial. Le titre aura été décliné sur de nombreuses machines, comme le PC, l’Amiga, le Cdi, la Super Nintendo ou le MegaCd, dans des versions aux différences minimes. Le jeu connaîtra une suite, entièrement en 3D, en 1995 sur Playstation dans un épisode intitulé « Fade to black ». plutôt insipide en comparaison à son illustre ancêtre. Le succès de ce jeu ne permit hélas pas à la petite équipe française d’assurer sa pérennité, puisque le studio ferma ses portes en 2004, lors d’un tristement classique dépôt de bilan. Information encore plus embêtante lorsqu’une rumeur persistante insistait sur un nouvel opus de Flashback en gestation (NDC : le nouvel opus, Flashback Legends, au rendu plus coloré et cartoon, devait initialement sortir sur Gameboy Advance, mais son développement a été avorté en 2004 avec la fermeture de Delphine Software).



Flashback Legend, version beta.

[ Merci à l'ami Mortipoil pour sa correction et ses lumières m'ayant permis d'éviter certains amalgames malheureux icon biggrin Flashback: entre cinéma SF et jeu vidéo... ]

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5 commentaires

  1. Quand je vois la beta de Flahback Legend, je me dis qu’il y a finalement une justice en c’bas monde ma bonne dame. Il avait l’air HORRIBLE ! :D

  2. Un excellent jeu que je n’ai malheureusement jamais fini. Bien envie de me ré-atteler à cette tâche ! :)

    • C’est l’un de mes meilleurs souvenirs vidéo-ludiques, ce jeu.
      Après, je me souviens tout de même de passages très frustrants.
      Mais c’était à une époque où les éditeurs de jeux n’avaient pas la crainte de frustrer son public justement :)

  3. Mortipoil /

    Effectivement Flashback Legend semblait trahir l’original avec ses sprites gros et colorés, style cartoon, probablement pour plaire à la majeure partie des joueurs GBA, la petite console ayant été très vendue auprès des plus jeunes, Nintendo oblige.

    Au moins la mémoire de l’original n’a pas été souillée, c’est déjà ça :)

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