Le retrogaming en ex-URSS !

Le retrogaming en ex-URSS !

Pour comprendre correctement ce à quoi correspond le jeu vidéo en Europe de l’Est, il faut se remémorer l’histoire de ce continent durant le XXème siècle. En 1917, l’Empire Russe entre en révolution. En l’espace de deux révolutions durant la même année (1917), ce dernier passe du stade de Monarchie absolue à celui de régime Communiste qui s’installera durablement  grâce à Lenine.

Le pays rattachera alors autour de lui des Républiques Communistes pour croitre.

montagejeuvideorentete Le retrogaming en ex URSS !

Ainsi,  le 30 décembre 1922, la Russie devient l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques). A la mort de Lenine en 1922, Staline prend le pouvoir. Il va régner jusqu’à sa mort en 1953. Durant sa période au pouvoir, il connut la Seconde guerre mondiale, et à l’issue de ce conflit, la Russie fit main basse sur l’Europe de l’Est (Pologne, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Hongrie, Roumanie) .

A partir de 1945, l’URSS crée la RDA en Allemagne de l’Est. Tous ces régimes en Europe de l’Est deviennent communistes dès 1949. C’est précisément l’époque à laquelle débute la Guerre Froide. Le bloc Communiste et le bloc Capitaliste se font face. Cet affrontement se déroulera sous la forme de plusieurs crises (guerre de Corée, blocus de Berlin, crise des euromissiles, crise de Cuba en 1962, etc…) . A chaque reprise,  ces dernières  menacent de provoquer une 3ème guerre mondiale… Un conflit nucléaire.

Dans ce contexte, on comprend facilement que le commerce entre le bloc de l’Est et de le bloc de l’Ouest est fortement limité. Les USA vont mettre en place un blocus technologique contre l’Europe de l’Est. Ainsi, le monde du jeu vidéo en Europe de l’Est sera totalement différent de celui du reste du « Monde libre ».

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2 systèmes politiques, et 2 visions du jeu vidéo très différentes.

Les ordinateurs en Europe de l’Est.

La séparation technologique de l’Europe de l’Est avec le « Monde Libre »  provoque la naissance d’une famille d’ordinateurs indépendante, n’ayant rien à voir avec ce que l’on peut trouver ailleurs. Ces machines étant zonées par pays, les ordinateurs Russes ne se retrouveront par conséquent jamais en Pologne par exemple (pourtant pays de l’Est) ! Dans l’écrasante majorité des cas, les appareils issus des régimes communistes disposent de CPU 8 bits.

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L'agat-9 dans toute sa spendeur...

Le premier ordinateur Russe est sorti en 1983 (soit 7 ans après la commercialisation de l’Apple2). Par ailleurs, il s’agit d’un clone de cette dernière machine !

Il se nomme Агат-9 (Agat9). Il possède rigoureusement les mêmes caractéristiques que celles de la machine dont il s’inspire : la Ram est de 128 Ko (deux fois plus de Ram que le C64) et le nombre de couleurs affichables à l’écran est de 16. Enfin,  la résolution est comprise dans une fourchette allant de 128×128 à 512×256 pixels.

Les ordinateurs Zx Spectrum seront également très populaires en Europe de l’est. Ils seront d’ailleurs très souvent clonés . En Roumanie, on trouvera par exemple le HC-85.

Le seul véritable appareil 16 bits à voir le jour se nomme Электроника БК-0010 (BK0010). Sorti en 1985 il possède des caractéristiques très limitées pour l’époque :  la Ram n’est « que »de 16 ko. Durant cette période, l’Atari ST possède 512 ko de mémoire vive! Le nombre de couleurs affichables est de … 4.

Même l’Apple2 fait mieux avec ses 6 couleurs ! Pourtant, ce dernier est sortie en 1976, ce qui représente un gouffre en terme d’évolution technologique. Du point de vue de sa résolution, les choses s’arrangent cependant,  avec un bon petit 256×256 ou un 512×256 pixels.  L’Atari St fait cependant nettement mieux,  avec au minimum un 320 x 200 et au maximum un 640 x400.

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Le Электроника БК-0010 (BK0010)

On ne peut que constater très nettement le retard technologique des ordinateurs russes. Le pire dans toute cette histoire,  c’est que l’embargo américain empêchera l’arrivée d’ordinateurs  16 bits puissants,  comme l’Atari ST ou l’Amiga. Il faudra attendre la chute du mur de Berlin pour voir la commercialisation des ordinateurs  issus des sociétés « capitalistes » dans ce monde « communiste ». Dès lors, le Commodore 64 va très rapidement s’installer dans la région des pays de l’Est.


Cela permettra à l’appareil de continuer sa commercialisation pendant quelques années, lui offrant une « seconde vie ». Néanmoins, aucune preuve ne permet d’affirmer que des jeux sortirent sur ces supports. Cela parait somme toute peu probable, étant donné que l’URSS traverse une crise économique de grande envergure à partir du début des années 80. Néanmoins, on verra tout de même la sortie d’un jeu russe tout à fait étonnant…  Il s’agit de Tetris ! Le jeu est développé par Alexei Pajitnov en 1984 sur Электроника 60 (Elektronika 60).



Le jeu est par la suite transféré en Europe de l’Ouest. Il est maintenant vendu à plus de 130 millions d’exemplaires à travers le Monde. Naturellement,  les pays du bloc politique capitaliste ne pouvant reconnaitre un jeu communiste, Tetris ne rapporta aucun revenu à Alexei Pajitnov.

Le jeu vidéo arcade Russe.

Le jeu vidéo Russe aura lui aussi connu une période « arcade » durant la phase communiste. Malheureusement,  si ce court moment a existé concrètement, il n’a guère été grandiose. La faute à un système économique peu dirigé vers les produits de consommations. De plus, le jeu vidéo soviétique apparaît au tout début de la crise de l’URSS (qui aboutira en 1991 à sa dissolution et sa faillite économique).

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Le jeu Магистраль ( Magistral ).

En résumé, rien ne pouvait permettre un développement digne de ce qu’on a pu voir sous nos latitudes. Néanmoins, Voici une petite visite de ce que l’on pouvait voir à l’époque :
Débutons notre visite touristique par « Магистраль », connu chez nous sous le nom de Magistral. Le jeu est très proche de Grand prix sur Atari 2600.
Petit lien pour jouer :

http://autorally.15kop.ru/game/


Naturellement, le raz de marée Pong touche aussi les terres de Staline. On voit ainsi la sortie de теле-спорт (Télésport). Le titre propose plusieurs modes de jeux, comme le tennis, le hockey, etc…
On remarquera cependant rapidement le manque évident de couleurs dans ces jeux, réduite à sa plus simple expression.  Il est difficile de trouver des titres avec un décor de fond autre que le noir monochrome par exemple. Le jeu vidéo russe fut également accompagné de quelques jeux électroniques comme торпедная атака (Torpedo Attack).

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торпедная атака (Torpedo Attack)

Le prix pour jouer à un ces softs était minime : 15 Kopect soit 2.5 Fr. Naturellement,  communisme oblige,  le tarif restait identique quel que soit le jeu !


L’époque de la Dendy.

En 1989, le mur tombe! Cet événement marque symboliquement la fin de la Guerre Froide. Les régimes communistes s’érodent un à un en Europe de l’Est. Très vite, Commodore, Microsoft, Sega, IBM,  et Atari se lancent à l’assaut d’un nouveau marché fort prometteur. La Master System va ainsi conquérir l’Europe de l’Est. Le Commodore 64 va voir son existence prolongée d’environ 3 ou 4 ans grâce à sa présence dans ces régions.
En Russie, les sociétés de jeu vidéo apparaissent « officiellement » pour de bon. L’une d’entre d’elles,  « Steepler« ,  est au courant du succès de la NES dans le monde. Aussi Nintendo tardant à s’emparer du marché russe, la société prend les devants. Fin 1992, l’entreprise édite un clone de la NES, la Dendy.


La console sera vendue pour la modique somme de 94 $. La machine dispose d’une petite mascotte:  un éléphant. Le pire, c’ est que Nintendo ne s’en offusque pas, et va même jusqu’à établir un partenariat avec Steepler ! Le succès est très vite au rendez-vous, la console dépasse rapidement le million d’exemplaires vendus. Nintendo autorise par la même occasion la sortie de ses titres NES sur la Dendy! Ce sont donc des titres comme Super Mario Bros, Zelda, Castlevania, et bien d’autres qui iront grandir la catalogue de l’appareil.

On constatera, parallèlement à cela, la commercialisations de titres  non officiels, comme Mortal Kombat, Street Fighter 2… Des softs jamais édités en Europe sont également commercialisés sur Dendy. Cela sera le cas, par exemple, de Final Fantasy 1 .



Malheureusement pour Streepler, les affaires fonctionnent paradoxalement trop bien. La demande est trop forte, et près de 2 millions de consoles sont vendues. La production ne suivant pas, la société sera poussée à la faillite en 1996. A partir des années 90, Sega commercialisera sa 16 bits: la Megadrive, qui aura son dernier bastion en Europe de l’Est et au Brésil avant de disparaitre définitivement.

Voilà camarade une partie de l’histoire du jeu vidéo russe !
Я надеюсь, что более


Sources :

Metalking (joueur sur snes-fr d’origine Russe) : un grand merci à lui.
Connaissances historique.
Sur le web :

http://adangerousbusiness.com/2010/01/05/the-museum-of-soviet-video-games/

http://www.homecomputer.de/pages/easteurope_ro.html

Commentaires

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17 commentaires

  1. Incursion courte mais pertinente d’un domaine où j’avoue volontiers mon ignorance :)

    Je reprends une question posée par l’ami Mortipoil directement ici : Tu parles de la société éditrice Streepler qui a déposé le bilan de par le succès de sa machine. Morti trouvait que c’était contraire à la logique, qu’une société croulant sous les demandes ne pouvait pas être en faillite.

    Tu pourrais développer la dessus ?

    Merci encore, tu as toujours des idées de dossiers qui sortent des sentiers battus. Un véritable historien du jeu vidéo !

  2. Loup77 /

    Si tu veux une société qui est en pleine expension et qui n’a pas les frais se retrouve dans une impasse. Il faut de l’argent pour avoir de nouvelles machines et avoir du personnels à former etc… . Cet argent s’il ne vient pas de tes ventes, tu dois passer par un près. Le près va te donner des charges supplémentaires. Au final si tu étais déja à la limite, tu franchis la limite et tu fais faillite.
    Donc une société qui croule sous la demande mais qui n’a pas les reins assez solide pour investir risque de faire faillite. D’autant plus que la console était vendue pour 94$. Cela ne suffit pas à faire des miracles économiques. A la rigueur la société aurait pu résister si Nintendo avait fournie un gros capital, mais dans ce cas c’est un rachat. Cela n’arrangeait pas Nintendo. Pour survivre la société aurait du se dévelloper petit à petit, avec de sventes augmentant gentiment.
    J’espère que c’est explication te convienne ^^

  3. Thenerevarin /

    аркады Россию особенно странно, что автомобиль игры

  4. Loup77 /

    Da

  5. Thenerevarin /

    non en plus ça veut vraiment dire quelques au chose par rpport au test (même si c’est banale

  6. Très bon boulot, comme toujours =)

  7. Vraiment bien ton dossier et très bon sujet.

  8. Super !!!!! sujet inutile mais indispensable !!!

  9. loup77 /

    Il est tout bonnement ridicule d’oublier une partie du jeu vidéo sous prétexte que la société n’existe plus. C’est une réflexion egocentrique et qui n’apporte rien. Il faut s’intéresser au périphérie du jeu vidéo comme l’URSS (qui a été la seconde puissance jusqu’en 1990)

    • Egocentrique et qui n’apporte rien ? C’est juste un message histoire de montrer que j’ai aimé le dossier.
      Si tu analyse mon message, c’est simplement pour dire qu’en temps normal, on s’en fou et on va pas mourir si on ne sait pas tout ça mais lire ce dossier montre qu’il est intéressant de voir comment à évolué la Russie niveau jeu vidéo.

      Après, si t’es un rageux sans humour… C’est pas comme ça que tu fidélisera tes lecteurs…

      (putain égocentrique, moi… ça me tue…)

  10. loup77 /

    Je dis juste qu’aujourd’hui on oublie le jeu vidéo qui n’est pas Américain ou Japonais. D’ailleurs c’est une remarque qui ne va pas vers toi, mais vers la généralité. Tous les dossiers et test, aucun ne porte sur le jeu vidéo russe c’est tout. En meme temps on s’intéresse au jeu vidéo de notre culture, ce qui egocentrique et normal.
    En tout cas aucune critique contre toi GEO.

  11. Je suis d’accord, on pense surtout aux USA ou au Japon. En le lisant comme ça, je comprends le côté égocentrique.
    Comme je ne suis jamais intéressé au jeu vidéo côté Europe de l’est, j’ai trouvé ton dossier « inutile mais indispensable » : Pour moi, il m’a apporté une certaine connaissance que je n’ai jamais jugée utile ! Surtout que ce genre de sujet, je n’ai jamais vu :D

  12. @Géo : La remarque n’était pas du tout, d’après ce que je peux lire, dirigée vers toi, mais vers la démarche d’ignorer toute une culture du jeu vidéo.

  13. loup77 /

    D’ailleurs Geo toi même tu l’as dit, aucun article n’a été écris avant. Et c’est dommage. J’ai aucune connaissance en Russe et pourtant j’ai fait un petit article. Alors imagine le dossier possible avec un type qui parle Russe tout le temps. Malheureusement, les articles d’un Pix and Love c’est dirigé vers le jeu vidéo occidentale.
    J’espère sincèrement que cet article permettra une ouverture des gens vers ce type de jeux.
    En plus oublier le jeu vidéo russe c’est oublier Tetris, un des plus grands PuzzleGame de l’histoire, si ce n’est le plus grand.

  14. Oui pour Tetris !
    Mais pour ma part, les connaissances de Pix’N Love dans l’occidentale, ça me gonfle car tout le monde en parle et bizarrement, je n’arrive pas à m’y intéresser :)

  15. Karimitchi /

    Pix n Love est tout de même une grande et superbe source d’infos rédigé par des passionnés comme nous messieurs. Nous les saluons d’ailleurs aux passages et les remercions de faire vivre la mémoire du jeux video d’antan aussi bien^^.

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