En Septembre 1993, Panasonic sortait la 3d0. Une console alliant progrès technologique et possibilités de divertissement de qualité supérieure. Aujourd’hui, le nom de cette console fait sourire pas mal de monde, puisque comme la Jaguar d’Atari, la 3DO s’est battue pour trouver des partenaires et n’a pu rivaliser avec les consoles Genesis de Sega et SNES de Nintendo, vieillissantes, mais toujours aussi bien implantées sur le marché de l’époque. La Playstation lui donnera définitivement le coup de grâce et transformera le rêve de Panasonic en un véritable cauchemar industriel.

Seulement voilà, la 3DO a eu une vie, au Japon comme dans tout l’occident, et cette vie fait aujourd’hui partie, qu’on le veuille ou non, de l’histoire du jeu vidéo. Une histoire brève qu’il est bon de remettre en perspective via ce dossier relativement court, sans ironie ou moquerie, comme celle sortant de la bouche de ceux qui se moquent d’une console qu’ils n’ont jamais tenu dans les mains. Les mêmes qui jurent que les deux meilleurs RPG 16bits sont FF6 et Chrono Trigger, sans soupçonner une seconde qu’ils sont les héritiers de Tengai Makyô II (sur NEC), reconnu par les professionnels du genre comme le plus grand RPG jamais conçu.
En d’autres termes, il est facile de juger l’histoire quand celle-ci est déjà écrite. Il est facile de théoriser sur ce qu’on ne connaît pas, et de répéter bêtement ce qu’on a entendu dire.
La 3DOétait une vraie 32 bits cadencés à 12,5 MHz, possédant une Mémoire vive de 2 Mo de RAM et 1 Mo de VRAM. Sa mémoire morte était d’1 Mo, sa résolution maximum de 320×240 pixels en 16 millions de couleurs et gestions de certains effets 3D. Elle possédait également une RAM vidéo d’1 Mo, une sortie stéréo, un effet Dolby Suround et un CD-ROM 2X.
La console ne possédait qu’un seul port joystick, mais qui permettait les branchements en cascade de 8 joysticks, ce qui bien des années avant la N64, était une sacrée première, surtout que la console possédait des softs qui utilisaient correctement cette configuration, mais nous y reviendrons plus tard.
Le prix de la console avoisinait les 700 Dollars, soit 450 Euros, une somme importante, près du double de la SNES. Panasonic n’avait donc pas fait les choses à moitié, la console possédant des caractéristiques plus qu’intéressantes.
Cependant, une console (et là est la grande leçon de l’histoire de cette machine) ne doit son succès qu’à ses EXCLUSIVITÉS. Sans exclus de qualité, pas de succès commercial possible.
Alors là, certains diront, « ce qui compte c’est d’avoir les bons jeux, pas forcément les titres exclusifs ». Eh bien la 3DO, par son histoire et son échec commercial, prouve exactement que cette théorie ne suffit pas, car qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou non, la 3DO avait bel et bien quelques très bons jeux.
Pour comprendre les évènements, il faut se remettre dans le contexte du marché des consoles de salons. À cette époque, il existe encore un vrai faussé technique entre l’arcade et la console de salon, la seule console tirant son épingle du jeu étant la NEO GEO de SNK, mais trop onéreuse et surtout limitée à quelques éditeurs, voir un seul.
La 3d0 permettait donc à toute une série de studios développant sur Arcade de pouvoir développer sur console leurs jeux avec une qualité égale (ou presque), contrairement aux 16 bits.
Capcom s’est engouffré le premier dans cette ouverture en proposant un SUPER STREET FIGHTER 2 TURBO de très grande qualité, sans conteste le meilleur de la décennie avec un système de fury épatant et l’arrivée d’Akuma.
SNK, sentant également le filon, n’hésitera pas non plus à lancer lui aussi un SAMURAI SHODOWN, également d’une très grande qualité.
D’autres éditeurs, ne développant pas sur Arcade comme Electronic Arts, développeront sur 3D0. Notamment avec le premier FIFA en 3d, jouable à 8 simultanément et dont la bande son était à couper le souffle (dédicace au public Argentin dans le jeu), tout comme l’était Road Rash ou Thème Park.
Oui, la 3DO a bénéficié des meilleurs versions multi-support, aujourd’hui la différence entre un FIFA sur Xbox 360 et PS3 est quasi nul, mais lorsqu’on parle d’un portage de titre sur 3d0, nous avons bien a faire à un jeu existant sur 16bits porté sur 32 bits.
La 3DO étant une console avec un support CD, elle permettait en plus de sa puissance l’apport de séquences vidéos, supérieures à celle du méga CD de Sega. Night Trap en est le parfait exemple. Mais bien au-delà, elle est la première console à proposer des jeux interactif de qualité comme des jeux de tirs sous forme de western etc…

Need for Speed et Gex sur 3DO, 2 autres conversions parfaitement maitrisées.

Des portages de grandes qualités, des hits ayant déjà fait leurs preuves sur 16 bits, un support CD et la possibilité de jouer à certains jeux à 8, mais pourquoi la 3DO n’a pas marché ?
Posons nous une question : à qui s’adressait cette console ?
A cette interrogation toute simple, même Panasonic n’en avait pas la réponse.
En effet, quand on achète une console Nintendo, Sony, ou même Microsoft, c’est souvent parce qu’on sait d’avance qu’une certaine catégorie de hits, propres à leurs machines respectives, feront leurs apparitions prochainement, et qu’ils correspondront à nos goûts.
Un Lineup Japonais déroutant de médiocrité…
En d’autres termes, ces consoles ont une identité, qu’on les aime ou pas. Ce qui n’était pas le cas de la 3DO, qui en dehors du respectable GEX et du très bon premier volet de NEED FOR SPEED, n’avait pas réussi à tirer son épingle du jeu, à une époque où le marché était encore profondément marqué par la guerre sans pitié entre Nintendo et Sega et où le public de ces marques était beaucoup plus jeune qu’il ne l’est aujourd’hui. Résultat, ce manque d’identité à faire frémir le ministère de l’identité nationale, était éliminatoire. Sans oublier que le style de jeux majeur de cette époque était le jeu de plateforme, Nintendo avait Mario World, Sega avait Sonic 3, et malgré tout ses atouts, le lézard GEX a été cuit au feu de bois par le plombier moustachu, avant que celui-ci offre les restes de sa carcasse au hérisson bleu qui squattait dans son jardin.
Florilège d’une sélection comptant parmi les meilleurs titres de la machine.
Au final, dépenser 450 euros pour d’excellents portages et quelques exclues intéressantes, mais pas transcendantes, était une démarche inutile que quelques irréductibles ont entrepris, persuadés, à tord, que l’heure des consoles CD 32 bits était arrivée.
Ce mauvais timing initié par Panasonic a détruit sa propre démarche qui semblait pourtant sincère, peut-être qu’en sortant quelques années plus tard, la 3DO aurait pu se frotter à la Playstation, ou au moins la Saturn, et trouver son public… Mais avec des « si », on ne refait pas l’histoire. Et l’histoire au final la voici : la 3d0, par des choix industriels inappropriés alors que le potentiel de la machine était réel, fût un échec industriel marquant d’une tâche rebelle (même avec du Skip) l’histoire du jeu vidéo.
Repose en paix 3DO.
Commentaires
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Très bonne article. C’est malheureusement une console peu connue et pourtant excellente. Le portage need Fo Speed a l’air vraiment magnifique. Je pense qu’en plus du peu de grands jeux, le gros soucis de la console était son prix. Quand on a une console à 450€ avec peu de jeux prévues et produit et une 16 bits vielle mais avec des jeux extraordinaires le choix est rapide.
Vraiment très sympa comme dossier.
Bel article qui aurait mérité un traitement plus long que la vie de la machine.
Par contre le fan de VS Fighting que je suis s’insurge un tantinet : Le premier Street Fighter 2 à proposer des fury c’est Super Street Fighter 2X (Encore beaucoup joué aujourd’hui). En fait il s’agit bien de cette version mais les Européen l’ont malencontreusement renommé pour l’Europe.
Ah Oui et faute sur le créateur il s’agit de Trip Hawkins et non Haukin.
Voilou, good job
Très bon article, une belle incursion pour tous ceux qui n’ont connu la 3DO que de par l’ampleur de son échec. J’aurais également apprécié un peu plus de « profondeur » à l’ensemble, le pourquoi du comment de la genèse de la console, ce genre de choses…
En tout cas, c’est une console qui a droit de citer. Je me souviens à titre personnel de la conversion de Super Street à laquelle tu fais allusion et qui était, à l’époque, une vraie claque pour tous les amateurs du genre…
Excellent article, quoique certaines affirmations m’ont gêné. La 3DO est une console que je n’ai pas eu le loisir d’avoir en main, mais il est quandmême fort dommage que Panasonic n’ait pas réitéré avec les qualités que tout le monde lui vante. Un jour, qui sait?
Merci pour vos remarques concernant cet article, qui il est vrai est assez partial.
J’ai voulu « survoler » le sujet comme la 3dO à survolé le sien… HAHAHA.
C’est à dire que je n’ai pas fait volontairement un dossier plus approfondit sur cette console, je laisse cela à d’autres si ils sont tenté par la chose, mais je pense qu’elle n’en mérite vraiment pas plus… Sauf peut-être la genèse et les intentions de Panasonic qu’on pourraient résumer deux points
1 – faire de l’argent.
2 – gratter les miettes du gateau que Nintendo et Sega se partageaient.
Je tenais également à répondre à Karimitchichi, effectivement le nom du jeu était bien SSF »X », mais a été renommé SSF »turbo », mais il n’y a pas de quoi s’insurger, Bison dans Street Fighter s’appel Vega dans sa version original si ma mémoire vive est encore bonne, et cela ne change en rien la qualité du jeu.
Merci à vous
En fait pour Street Figgher 2 , c’est vrai que les noms changent d’une version à l’autre mais résultat, aujourd’hui les gens sont obligés de surnommer Bison/Vega : « Dictateur » par exemple. Le mec avec ses griffes et son masque devient « Claw ». Rappelons aussi que Balrog le boxeur, renommé pour le coup « Boxeur » doit son nom à M.Tyson, donc il à surement été renommé pour des problème de ressemblance, d’ou le M.Bison. Enfin je soulignais juste que ces adaptation Jap/Euro nous compliquent plus la vie qu’autres choses. Le jeu reste excellent quand même je n’ai jamais dit le contraire^^.
Ce n’est pas tout à fait ce que tu as dit initialement, Karimitchi… Tu as fais une erreur, tu dois la RECONNAÎTRE !
Tu as bien précisé qu’il ne s’agissaient pas des mêmes jeux.
Excuses toi. MAINTENANT !
Tais toi toi !!! et retourne en enfer !!!
J’allais écrire un pavé mais je me rends compte et que l’on ne peut pas expliquer la 3D0 à des personnes pleines de préjugés et qui n’ont pas joué à la console, la limitant à 3 titres répétés et répétés dans tous les « tests » de la machine. Hors ces même personnes profitent de ce que la 3D0 a apportée en son temps.
3DO c’est simplement la première console ADULTE dans son catalogue et dans son marketing.
C’est également la première console à recevoir des jeux avec une mise en scène cinématographique: Shockwave, etc
C’est le premier pas de beaucoup de développeurs PC sur console.
C’est un hardware innovant proposant un dashboard développé, un pad avec entrée casque et sortie pads pour jouer à plusieurs à l’infini.
C’est le début de beaucoup de grandes saga: FIFA tel que nous le connaissons en 3D, Need for Speed, etc
Crystal Dynamics, Studio 3D0, EA, Taito, Genki, Capcom, etc ont faits des jeux sur la console.
C’est la possibilité d’accéder à une partie du catalogue du LaserActive pour pas cher.
etc etc
Mais à part ça la 3DO c’est pourrie.
FX, on ne critique pas la 3DO, on revient juste sur son destin calamiteux. Je vois pas pourquoi tu affirmes que nous avons des préjugés. Par contre malgré ses qualités évidentes, tu confirmera comme moi qu’elle ne faisait pas le poids en terme de ludothèque face à ses rivales.
Une console à beau innover, elle peut très bien s’effondrer, il suffit de voir la Dreamcast pour le comprendre. En tout cas pas la peine de t’énerver, nous sommes là pour partager des avis qu’ils soit négatifs ou positifs. Et je pense que les version 3DO de FIFA, Street 2X et Road Rash par exemple, resteront dans les mémoires.
Oui, c’est pas forcément très utile d’être agressif gratuitement : on peut avoir des avis divergents sans pour autant prendre son détracteur de haut
la 3DO EST UNE CONSOLE A LA POINTE DE LA TECHNOLOGIE A SON EPOQUE CE QUI VAUT SON PRIX (LES PUCES QU’ELLE DEVELOPPE EST SUPERIEUR X3). RIEN QUE NEED FOR SPEED ET ROAD RASH FERAIT VENDRE LA CONSOLE (MOI POUR NEED FOR SPEED). A L’EPOQUE CROYAIT MOI CE N’ETAIT PAS LA LISTE EXHAUSTIVES DES JEUX MAIS LE PRIX. 3990 FRANCS=600EUROS A SA SORTIE « UNE PREMIERE ».
PERSONNE NE PEUT SE PROCURER SAUF LES FORTUNER ET POURTANT ON EN A ENVIE DE POSSEDER POUR JOUER A NFS OU ROAD RASH. CIBLES LES JEUNES ET TRES JEUNES « ONT ILS LES MOYENS?.
MAINTENANT LES JEUX VIDEOS TOUCHES PLUS LES ADULTES COMME NOUS QUI MAINTENANT QUI BOSSENT ET DEVELOPPE L’IMAGE DU JEUX VIDEO ET NON PAS NOTRE GRAND MERE OU GRAND PERE.
POUR FINIR LA 3DO EST UNE MAGNIFIQUE ET PUISSANTE CONSOLE QUI N’A PAS LA MAJORITE DES JOUEURS POTENTIELLEMENT FORTUNER ET TOMBE A L’EAU POUR CAUSE DU FAIBLE VENTE ET LES DEVELOPPEURS HESITENT. L’EFFET INVERSE DE NOS JOURS.
OLE OLE LES RETROSGAMES QUI VIVENT DANS NOS COEUR A JAMAIS
BRAVO L’EQUIPE DU SITE
Hehe Merci Somy, heureux possesseur de toutes les consoles de l’histoire (Donne moi ta Neo geo !!!). Il est vrai qu’a l’époque, le marché console était différent car il était principalement ciblé pour les enfants, du coups les prix exorbitant pratiqués par certains constructeurs pouvaient sembler scandaleux pour les parents. D’autre part, je maintiens que la 3DO n’avait quoi qu’il arrive pas de catalogue digne de ce nom excepté quelques pépites. Elle fut tout de même une bombe technologique en son temps mais l’histoire nous à prouvé que la puissance n’est pas tout^^.Mais c’est un débat intéressant.
Très bon petit article (oui j’irais pas jusqu’à appelé ça un dossier :p). Après comme l’auteur, je pense pas que la machine mérite plus…
Je vous arrête tout de suite, j’ai joué (longuement) à la 3DO dans un magasin qui la faisait tourner et chez qui j’étais client régulier et chez un pote qui l’avait, moi vu les finances de mes parents (j’avais tout juste 10 ans) c’était même pas la peine d’y penser, pis elle me tentait pas trop j’avoue.
Alors ouais le NFS était uuuuultra beau pour l’époque, j’ai aussi joué à Gex très sympa mais infiniment inferieur à un Mario ou un Sonic, et je parle même pas d’un DKC. Ah et aussi D, jeu auquel j’ai le plus joué sur 3DO et qui m’a marqué. Mais passé ça…
Ouais c’était que des portages et franchement non ça n’en valait pas le prix, surtout que la PS et la Sat sont arrivées pas longtemps après, pour 3 fois moins cher, et avec des exclus bien bandantes (Toshinden qui est naze à l’époque c’était cool, Ridge Racer, Tekken… etc).
Bref une console à avoir pour la collec’ à la rigueur, et pour le trip, mais qui n’a que peut d’intérêt ludique au final… Un peu comme le CDI et la Jaguar. :p
En tout cas je suis surpris de voir qu’il y a toujours des fanboys de la console! J’avais un pote à l’époque il était pareil, il n’avait qu’une 3DO (le reste c’était de la daube pour lui) et il attendait la M2 qui allait tout défoncer selon lui (et j’avoue que les screens de jeu M2 défonçaient!), y compris la PS et la Sat’. Dommage qu’elle ne soit jamais sorti j’aurais vraiment voulu jouer à cette M2.