Physique disgracieux, intellect fortement limité, charisme proche de celui d’une huître, nous rendons hommage aujourd’hui à une catégorie que nous, retrogamers, adorons tant détester : les anti-héros. Dans l’histoire globale du jeu vidéo, il y en aura eu finalement une somme honorable.
Si certains d’entre eux ne servent que de faire-valoir au véritable héros du titre dont il est issu, d’autres occupent la première place, ce qui exaspérera éventuellement le joueur tant il aura du mal à s’identifier au sinistre personnage abusément mis en relief. Petit florilège, non exhaustif fort heureusement, des personnages comptant comme les pires étrangetés du retrogaming.

Issu d’un jeu plutôt sympathique dans l’absolu, à mi-chemin entre plateformes et réflexion, Puggsy n’est pas un héros antipathique au premier abord. En revanche, il est outrageusement laid, si bien qu’on se met à imaginer la séance de brainstorming des character designers de chez Psygnosis.
- « Salut Brandon. Alors, t’as pensé à mon idée de personnage en forme de patate ? »
- « Bien évidemment mon brave Dylan ! Mais souviens-toi qu’on avait aussi dit qu’il fallait rendre un vibrant hommage aux survivants de Tchernobyl en reproduisant avec exactitude le portrait de leurs descendances moisies et cramées par des décennies de radioactivité hors de tout contrôle… »
- « Tiens, on vient de recevoir les croquis préparatoires. Pourquoi le personnage ressemble à une couille géante au fait ? »
- « Putain, c’est pas avec ce genre de question DE MERDE qu’on trouvera des solutions à la crise, Brandon, bordel de queues ! Bon, c’est pas tout, mais il est 16 heures, et j’ai un brunch avec John et Kimberley ce soir. Alors tu m’gardes tout ça, et on balance. Tu t’occupes de la note pour la compta ? On se souciera de notre conscience professionnelle plus tard ! »
- « Notre … Quoi ? »
Diriger un personnage qui ressemble donc à une couille géante soumis trop longtemps aux radiations n’est pas une mince affaire, d’autant plus que le coté « pataud » est assez fidèle à la représentation biscornue que notre personnage revêt à l’écran. Anormalement rigide, peu ample dans ses mouvements, notre petit Puggsy ne mérite finalement que notre compassion. Nous stopperons donc la console en vue d’abréger ses souffrances.
Voir se mouvoir une couille géante a finalement quelque chose d’assez émouvant.

Si on en arrive pas aux malformations fièrement assumées par notre précédent exemple, Puggsy, Larry n’est pas non plus une merveille de beauté. Petit, voire presque atteint de nanisme, une coupe de cheveux incertaine et un corps dont on ne sait si il est en fin de vie ou si il est atteint de graves tares génétiques.
Notre ami aura gratifié les joueurs de sa présence à de nombreuses reprises et sur plusieurs générations de consoles et ordinateurs, de 1987 à 2009 pour le dernier épisode (opus dont on ne peut qu’espérer qu’il soit réellement le dernier dans l’absolu).
L’objectif de ces titres ? Faire de Larry, cet espèce de gEeK à la musculature d’ensemble atrophiée où seule sa main droite serait opérationnelle, le roi des queutards ! Il devra donc convaincre, au travers d’aventures textuelles riches en rebondissements, la multitude de femmes qui croiseront sa route. Le viol et les relations contraintes n’étant pas des options du jeu, on comprend alors rapidement le challenge qui incombe au joueur.
Les premières minutes du 7ème opus débutent déjà dans la douleur pour le joueur…

De base, réunir l’équivalent d’une basse-cour pour les faire combattre dans l’espace est déjà un concept qui peut être soumis à certaines interrogations. Mais quand il y a en plus des canards boiteux dans la dite équipe, on ne s’en sort plus. C’est le cas de l’excellente saga des Starwing / Starfox chez nos amis nippons. Le renard Fox MacCloud est courageux, le faucon Falco Lombardi, alter égo de Fox, est boursouflé de fierté, le lapin Peppy Hare, sage ciment du groupe, est pondéré et Slippy … Slippy Toad la grenouille… Est une sorte de personnage tout au mieux inutile et au pire complètement énervant.
Calant toujours sur la rampe de lancement du Great Fox, ayant oublié de faire le plein d’essence de son Airwing, ne mettant jamais à jour son GPS avant de partir en mission, Slippy est si exaspérant qu’on en vient à se retenir d’appuyer sur la gâchette de tir afin d’achever ses jérémiades perpétuelles sommant de le sauver.
Car oui, son rôle se résume dans beaucoup de ses apparitions à se faire prendre en chasse par les unités ennemis qui le repèrent de loin : sa capacité à piloter droit étant toute relative et attirant à coup sûr l’attention.
Mais son aspect peu réjouissant et sa propension à toujours se mettre dans une merde noire ne sont rien comparés à son horrible voix nasillarde . En même temps, franchement, faire parler des bestiaux pour les foutre au milieu d’un champs d’astéroïdes, faut pas forcément être étonné du résultat au bout du compte…
Une vidéo difficilement soutenable, où notre ami Slippy se fait littéralement refaire l’anus par tous les membres de la Starfox team… ( En Anglais dans le texte )

L’un des objectifs non assumés de Square Enix semble être à présent de fournir à ses titres, et à fortiori pour sa saga culte Final Fantasy, des personnages tous plus énervants les uns que les autres, du héros principal au dernier boss du jeu. Cette tendance aura été finalement amorcée assez tôt avec Final Fantasy 8. Pour ceux qui à l’époque en avaient pris « plein la gueule » avec un FF7 où le moindre PNJ avait plus de charisme que n’importe quel JRPG actuel, la chute n’en fut que plus difficile à l’époque.
Mais que le retrogamer se rassure, car contrairement à un FFXIII où chaque personnage mériterait d’être édenté d’une bifle assassine, FF8 n’aura proposé que le héros principal comme candidat malgré lui à la vindicte populaire. Squall tranche radicalement du style arboré par Clad dans l’opus précédent, qui était certes extrêmement « troublé » (c’est peu de le dire) comme il peut l’être lui-même, mais le charisme en plus. Squall ne communique pas, en est à la limite de l’autisme, et passe 95% du jeu en phases introspectives ne menant à rien.
C’est bien simple, des pleureuses comme lui, on en fait plus ma bonne dame. On a même perdu le principal ingrédient pour les fabriquer : De l’essence de fiotte pur jus ! (Communauté homosexuelle, tu te sens bafouée et blessée par cette dernière remarque ? Envoies tes revendications à la rédaction de Scrolling)
Point positif tout de même : Lors d’une séquence pleine d’émotion comme il y en a tant dans le jeu, Squall montre une habilité sans faille dans la pratique de la valse à 2 temps avec Rinoa, qui contrairement à ce que laisse présager son nom, n’est pas son « clebs » mais sa « meuf ». Un héros qui ira donc rejoindre le néant auquel Utimécia l’avait de toute façon condamné…
La fameuse scène de la valse. Réalisé sans trucage et avec le doublage d’origine (en anglais)

Tout comme Puggsy, Abe est un personnage plutôt sympathique et même jovial sous certains aspects. Mais la comparaison s’arrête là, car si on peut éventuellement concéder que les créateurs de Puggsy ont péché par un manque absolu de clairvoyance, voire de talent selon les plus médisants d’entre nous, on sent en revanche que les types de GT interactive se sont creusé le ciboulot pour faire naître le protagoniste héros d’un jeu le plus dégueulasse qui ait pu existé.
Et force est de constater que leur pari dépasse les plus grandes espérances que nous, joueurs, avions secrètement, enfouies dans notre psychée. Qui, en effet, n’a jamais eu envie de s’adonner aux plaisirs vidéo-ludiques en compagnie d’un sac à gerbe à coté du pad ? Qui n’a pas eu un jour l’envie d’investir un héros si horriblement disgracieux que celui-ci rendrait la série des SAW acceptable comme de joyeuses comptines pour enfants ?
Et bien nos fantasmes sont à présent réalité ! Regarder se mouvoir cet étrange Mudokon est un défi de tous les instants tant sa morphologie rappellerait sans peine les rescapés de camps de concentration décharnés et dévorés par les parasites ( Ami juif, tu t’es senti brutalisé par cette dernière remarque ? Envoies tes revendications à la rédaction de Scrolling.fr )
Quelques minutes de l’excellent gameplay de Oddworld.

Apparu dès le second opus de l’ancienne glorieuse saga des Sonic, Tails est l’inséparable compagnon du hérisson bleu en toute circonstance. Il voue une admiration si grande à son modèle ultra-rapide qu’il a fini par être atteint d’un mystérieux mal : Le mimétisme forcené. En effet, il singe chaque geste, chaque erreur, et parfois même chaque perte de vie, que vous aurez l’occasion de connaitre aux commandes de Sonic.
Sa « psychologie » fut développée à partir de ce jour maudit où les développeurs de la Sonic Team eurent la « brillante » idée d’affubler les personnages de ce monde merveilleux de la PAROLE. Outre le fait que le joueur médusé découvrit alors que le charmant petit hérisson bleu était en fait un putain de fumiste égocentrique parlant comme un adolescent américain « des années 90″, il eut également l’effroi de constater amèrement que tous les potes de Sonic étaient d’horribles crétins confondants de naïveté. Et au sommet de cette grande pyramide de bêtise trône fièrement Tails, avec sa voix d’enfant, ses remarques mièvres et son incapacité à prendre des décisions de son propre chef.
Néanmoins, on pourra concéder que notre ami dispose d’un avantage certain que Sonic n’a pas : 2 Bonnes grosses queues. Aptes à faire fantasmer la gente féminine, celles-ci servent surtout notre ami pour qu’il puisse s’envoler. Mais avec ses yeux de cocker, sa répartie de Libanais (Ami musulman, tu t’es senti violenté dans ton intégrité par cette dernière partie de la phrase ? Contacte la rédaction de Scrolling.fr pour faire valoir tes droits.) et son attitude de larbin, Tails mérite tout juste qu’on lui accorde un passage dans un site subalterne comme le notre. Et c’est déjà bien payé.
Une vidéo faisant la lumière sur la nature du duo entre notre ami renard et Sonic …

Fantastic Dizzy
Un début d’après midi ensoleillé d’août dans les locaux de Codemaster, aux États-Unis. La digestion du gargantuesque festin du midi porte encore sa marque sur les visages vitreux des programmeurs en charge de Fantastic Dizzy, et en particulier de celui du Character Designer en chef. Il pense à la réservation à l’hôtel Macumba, aux Seychelles, au bar où il s’apprête à rejoindre ses amis dans la soirée, et la grosse des ressources humaines dont il compte bien refaire la dentition pourtant irréprochable à grands coups de reins vigoureux.
Oui, certes, il aurait du s’occuper du design du nouveau blockbuster de la firme, qui cristallise toutes ses attentes sur ce projet qu’elle souhaite ambitieux. Mais le repas était vraiment trop copieux pour s’y attarder sérieusement, alors … Tiens, vas y qu’j'te dessine un oeuf et puis… Ba et puis c’est tout mon con ! Dizzy n’aura de fantastique que le titre dans lequel il apparaît, parce que la recherche aboutissant à une absence ABSOLUE de charisme dans son personnage est ahurissante de puissance. Dizzy, cet aventurier vidéo-ludique héros d’un jeu franchement pas mauvais, aurait gagné à ce qu’on travaille ne serait-ce qu’un minimum sur son aspect.
Simple, oui, mais simpliste non. Dizzy, tu peux donc compter sur nous afin de condamner tes pères, sans doute une bonne brochette de fumistes semblables à une bande de syndicalistes de la RATP contraint à reprendre le travail après 6 mois de grève ( Ami fonctionnaire, tu t’es senti outrageusement stigmatisé par cette dernière remarque ? La lutte continue, camarade ! N’hésite pas à envoyer tes doléances à l’équipe rédactionnelle de Scrolling.fr ).
Du charisme à ne plus savoir quoi en faire. C’est bien notre ami Dizzy !
Comme nous le disions en entête de l’article, cette liste n’est pas exhaustive. Nous avons voulu éviter de reprendre les classements éculés pullulant sur le web, prenant en compte Wario, Waluigi; Navi, Tingle et consorts… D’autres l’ont fait et refait déjà fort bien. Mais toi, retrogamer de notre coeur, quel est le personnage qui t’as le plus horripilé dans ton expérience de joueur?
Commentaires
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mouai ,autant je suis d accord pour presque tous ,autant sur squall je ne suis absolument pas d accord
Ce comportement est logique suite au événement qui arrive dans le jeu
Et puis il evolue au fur et a mesure
Il est pour moi avec cloud l un des meilleurs heros de ff
bref c est bien subjectif tout sa